Actuellement, quelques indices boursiers en Europe et aux États-Unis semblent avoir stoppé leur chute et sont entrés en période de consolidation. Une relance à la hausse apparaît possible. Jusqu'où ? Personne ne le sait. Les pronostiqueurs évoquent une croissance économique modeste pour 2012 et les années suivantes. Mais tant que la Chine et l'Europe ne donneront pas des signes positifs quant à leur situation économique respective, tous les marchés boursiers un peu partout dans le monde seront affectés par cette incertitude et ce frein que constitue le problème des dettes souveraines. Diminués par cette morosité générale, les profits des compagnies américaines seront aussi touchés par la force du dollar américain. Il y a en effet une grande quantité d'entreprises u.s. qui tirent une partie importante de leurs revenus de la vente de leurs produits sur les marchés étrangers. Pendant que des monnaies comme l'euro sont en chute libre, les comptables de ces compagnies doivent convertir ces devises affaiblies en dollars américains qui, eux, ne cessent de gagner de la valeur parce qu'en période d'incertitude, comme celle que nous vivons, le billet vert sert de valeur refuge pour les directeurs des banques centrales un peu partout sur la planète. Si ce phénomène influence négativement la rentabilité des entreprises américaines, c'est un moindre mal par rapport à la crise du sur-endettement qui apparaît bien plus menaçante. On croit que cette crise va s'estomper avec le temps ou que l'on va trouver une solution pour amoindrir ses effets. En attendant, on se croise les doigts en espérant qu'une autre crise, venue d'on ne sait où, ne vienne pas envenimer les choses... Alors on pourrait comparer la bourse à la roulette et proclamer : «rien ne va plus, faites vos jeux» ! Se risquer sur les marchés boursiers ressemblerait plutôt au jeu dangereux de la roulette russe !
POINT DE MIRE BOURSIER
ANALYSE DES MARCHÉS BOURSIERS ET COMMENTAIRES SUR L'ÉCONOMIE
mardi 17 janvier 2012
ON NE "JOUE" PAS À LA BOURSE COMME ON JOUE À LA ROULETTE AU CASINO !
Actuellement, quelques indices boursiers en Europe et aux États-Unis semblent avoir stoppé leur chute et sont entrés en période de consolidation. Une relance à la hausse apparaît possible. Jusqu'où ? Personne ne le sait. Les pronostiqueurs évoquent une croissance économique modeste pour 2012 et les années suivantes. Mais tant que la Chine et l'Europe ne donneront pas des signes positifs quant à leur situation économique respective, tous les marchés boursiers un peu partout dans le monde seront affectés par cette incertitude et ce frein que constitue le problème des dettes souveraines. Diminués par cette morosité générale, les profits des compagnies américaines seront aussi touchés par la force du dollar américain. Il y a en effet une grande quantité d'entreprises u.s. qui tirent une partie importante de leurs revenus de la vente de leurs produits sur les marchés étrangers. Pendant que des monnaies comme l'euro sont en chute libre, les comptables de ces compagnies doivent convertir ces devises affaiblies en dollars américains qui, eux, ne cessent de gagner de la valeur parce qu'en période d'incertitude, comme celle que nous vivons, le billet vert sert de valeur refuge pour les directeurs des banques centrales un peu partout sur la planète. Si ce phénomène influence négativement la rentabilité des entreprises américaines, c'est un moindre mal par rapport à la crise du sur-endettement qui apparaît bien plus menaçante. On croit que cette crise va s'estomper avec le temps ou que l'on va trouver une solution pour amoindrir ses effets. En attendant, on se croise les doigts en espérant qu'une autre crise, venue d'on ne sait où, ne vienne pas envenimer les choses... Alors on pourrait comparer la bourse à la roulette et proclamer : «rien ne va plus, faites vos jeux» ! Se risquer sur les marchés boursiers ressemblerait plutôt au jeu dangereux de la roulette russe !
mardi 19 juillet 2011
BERNANKE NE SAIT PAS OÙ L'ÉCONOMIE AMÉRICAINE S'EN VA...
Comme il est loin et regretté le temps béni du libre marché... De l'époque pas si lointaine où le système économique se purgeait lui-même de ses excès et s'auto-guérissait, sans l'intervention des gouvernements, lorsque ça ne tournait pas rond. Les économistes y comprenaient au moins quelque chose. On parlait d'une science économique, de logique, de théories qui se tenaient, de modèles mathématiques précis, de lois ou de mécanismes économiques que l'on pouvait étudier afin de faire des prévisions plausibles. Il s'agissait presque de choses sacrées. Aujourd'hui, après le new deal de Roosevelt dans les années 1930 et après les "bail out" et les "QE" (quantitative easing) plus récents, les pauvres analystes financiers sont perdus dans une brume à couper au couteau. La logique a foutu le camp et on ne sait pas où on s'en va après ces interventions étatiques qui ont violé les principes de base d'une économie dont on ne sait plus si elle est relancée ou si elle s'en va encore dans le mur. Les crises financières se mêlent à des crises politiques que ce soit au USA en Europe, en Afrique du Nord ou au Proche-Orient...
Au milieu de ce fouillis le président de la Fed, Ben Bernanke ressemble plus à un magicien qu'à un banquier. Il sort des lapins de son chapeau en réinventant son rôle, de sorte que l'on va de surprises en questionnements et que l'on en perd son latin. Lors de son récent passage devant le Congrès américain, il semblait toutefois à court de tours de passe-passe. Se disant prêt à réimprimer de l'argent en fou (QE3 ?), comme il l'a déjà fait à deux reprises, pour redonner de la vigueur à une économie stagnante, il a par contre laissé sous-entendre qu'il faudrait que ça aille vraiment mal pour en arriver à une telle solution. Il a imputé au tsunami japonais le fait qu'il y ait présentement de "l'eau dans la gaz" qui vient ralentir la relance économique. Une reprise qui était déjà timide, "artificielle" et tenue à bout de bras (du fait des mesures de stimulations extraordinaires mises de l'avant par l'état pour donner des électro-chocs à économie défaillante incapable de se régénérer d'elle-même). À force de renflouer le trésor public avec des fonds empruntés, la dette astronomique des États-Unis a fini par devenir un problème monstrueux auquel il faut maintenant s'attaquer. Et les contribuables américains risquent de devoir payer la note, du moins en partie. Avec l'élection de l'an prochain, qui s'en vient rapidement, les gens du parti Républicain espèrent quant à eux, faire porter au président Obama une part importante du blâme dans cette affaire de dette incontrôlable, afin de lui ravir le pouvoir.
Cependant, il n'y a pas que de mauvaises nouvelles au pays de l'oncle Sam. Le mois dernier, pour la première fois en trois ans, la valeur des maisons a augmenté (0,8 %). Aujourd'hui, les analystes financiers ont été surpris par la publication de statistiques meilleures que prévues dans le domaine de la construction. Le nombre de mises en chantier a augmenté de 14,6 % (sur une base annuelle) et les demandes de permis de bâtir ont connu une hausse de 2,5%. Au temps où les principes économiques s'appliquaient encore de façon rationnelle, on aurait dit que ces chiffres étaient de bon augure. Ne sautons pas aux conclusions trop vite. Cette embellie peut n'être que passagère, ou il peut s'agir d'un simple rebond technique. Certains experts estiment toujours qu'une véritable reprise économique est impensable sans la remise en marche de l'industrie de la construction. C'est par l'éclatement de la bulle immobilière que cette virulente récession a commencé, c'est par le retour à la santé de l'industrie de la construction que la relance va se faire. Entraînant avec elle la création de centaines de milliers d'emplois.
mercredi 6 juillet 2011
LA CHANCELIÈRE ALLEMANDE ANGELA MERKEL CROIT QUE L'ON ACCORDE TROP DE POIDS AUX ÉVALUATIONS DES AGENCES DE COTATION AMÉRICAINES.
On nage encore en pleine eau trouble cette semaine dans l'histoire de la dette souveraine de certains pays européens. Les principaux bailleurs de fonds de la Grèce, soit la France et l'Allemagne, n'en finissent plus de chercher des moyens de sortir ce pays de son trou financier. Une fosse dont la profondeur semble abyssale, dont l'exploration est hasardeuse, et qui réserve toujours de nouvelles mauvaises surprises. Et pendant que les économies plus fortes de l'Union Européenne tentent de boucher ce trou dans leur chaloupe commune, cette dernière prend l'eau par d'autres trous qui ont pour cause la situation financière critique du Portugal et de l'Italie. Dans ce denier pays, seize grosses banques et deux organismes gouvernementaux sont vraiment en difficultés. La nouvelle vague qui vient de faire tanguer encore plus la chaloupe européenne, c'est la décote du Portugal et de la Grèce annoncée mardi par l'agence de cotation Standard & Poor's. Autrement dit, le crédit de ces pays est à toute fin utile abaissé à un niveau de pacotille ou d'insolvabilité, qui correspond à une quasi-faillite technique. On a accolé la cote triple C à la Grèce, qui tombe ainsi au dernier rang des 131 pays cotés par S & P. Pas chic du tout ! Évidemment, plus la cote de crédit d'un pays est basse, plus ça lui coûte cher en intérêts pour financer sa dette. Et plus le travail de réparation de ce gâchis par des politiciens secouristes, comme la chancelière allemande Angela Merkel, est compliqué et ardu...
Pour la dirigeante allemande, c'est d'ailleurs la goutte qui fait déborder le vase. Selon elle, on ne devrait pas accorder autant d'importance aux évaluations de ces agences de cotation américaines. Les organismes les mieux placés pour évaluer la situation financière de pays comme le Portugal et la Grèce, sont, d'après le chef de l'état allemand, le Fonds Monétaire International, la Banque Centrale Européenne et la Commission de l'Union Européenne. Du même souffle, la chancelière se déclare en faveur de la mise sur pied d'une agence de cotation européenne. Mais, précise-t-elle, la responsabilité de créer une telle agence incombe d'abord au secteur privé.
On peut comprendre l'exaspération de la dirigeante allemande au sujet du poids que doivent normalement cette ribambelle d'organismes à vocation économique. Il y a autant de lectures ou d'évaluations diverses selon que l'un ou l'autre de ces organismes se prononce sur un même sujet. On y perd facilement son latin. À quelle information doit-on se fier pour cerner un problème afin d'y trouver ensuite une solution ? Par exemple, faut-il croire les évaluations ou les déclarations des autorités chinoises à propos de la situation économique de leur pays ? Pas plus tard que la semaine dernière, le Premier Ministre de la Chine, monsieur Wen, affirmait que les pressions inflationnistes étaient sous contrôle dans son pays. Qu'apprenait-on ce matin ? Que la Chine augmentait encore les taux d'intérêt pour... juguler les menaces de l'inflation ! À n'y rien comprendre ! C'est du Chinois tout ça !
Pendant ce temps, aux États-Unis, la situation de la dette nationale n'est pas plus claire qu'ailleurs. Républicains et Démocrates s'affrontent pour déterminer dans quelle mesure et pour combien de temps on peut relever légalement le plafond de la dette. Relèvement sans lequel le pays de l'Oncle Sam se retrouverait aussi en défaut technique de paiement. Le gouvernement Obama n'arrive toujours pas à contrôler ses dépenses budgétaires pendant que ses revenus continuent de rater les prévisions. Tout ce que l'on réussit à faire pendant ce temps-là, c'est de se chicaner sur les moyens de pelleter par en avant les déficits et les dettes, sans avoir la moindre idée de comment on les paiera. Ahhhh... on a peut-être une petite idée, mais on se gardera bien de la révéler publiquement car ça risquerait de déplaire énormément aux contribuables et aux électeurs. Parlez-en aux Grecs et aux Portugais...
mardi 28 juin 2011
LES COLONNES DU TEMPLE FINANCIER GREC S'EFFONDRENT, LES INVESTISSEURS BOURSIERS RETIENNENT LEUR SOUFFLE...
À la demande de mes commanditaires et des lecteurs qui avaient pris l'habitude de me lire sur mon ancien site LA BOURSE C'EST DU STOCK, je reviens avec mon analyse boursière hebdomadaire agrémentée de commentaires sur l'économie. Mon retour se justifie également par un besoin personnel de renouer avec la vie trépidante des marchés financiers, dont j'ai négligé la mise à jour au cours des derniers mois. Faire le point régulièrement sur un monde financier complexe animé par des évènements dont les impacts sont difficiles à évaluer, représente à la fois un défi énorme et une nécessité pour essayer de voir ce qui nous attend au détour du chemin. Dans ces pages, je ne me contenterai pas d'analyser techniquement des graphiques d'indices boursiers. Je vais aussi tenter d'identifier ce que l'on appelle communément le "sentiment" des investisseurs. Ce "feeling" tellement important qui, bien mieux que les profits des entreprises, est à l'origine des fluctuations capricieuses de la bourse. Essentiellement, ces mouvements sinueux tournent autour de sentiments comme la peur, l'avidité ou l'appât du gain, la confiance ou l'incertitude. Cet état émotionnel des investisseurs peut être justifié ou non. Il peut être le fruit d'une exubérance irrationnelle ou d'une inquiétude sans véritable fondement. Mais il est ce qu'il est : incontournable. Il faut "faire avec" et essayer d'en cerner les causes pour deviner ce qui pourrait le faire changer à plus ou moins long terme. C'est en scrutant ces causes possibles, celles qui peuvent expliquer le "mood" des boursicoteurs, que l'on en vient à devoir contempler tout le paysage économique. Un horizon économique qui se mêle souvent à la politique et aux débats de société...
À la fin de mes chroniques dans LA BOURSE C'EST DU STOCK, nous nous étions quittés sur la reprise économique qui suivait la fameuse récession de 2008-2009. Ce tremblement de terre économique puissant qui a même ébranlé les fondations du système capitaliste au complet. En fait, il a soulevé tellement d'incertitude quant à la solidité des bases financières de notre monde, qu'on en ressent toujours les répercussions. Parlez-en, entre autres, aux Grecs qui, au moment où j'écris ces lignes, manifestent violemment à cause du programme d'austérité budgétaire que s'apprêtent à voter leurs dirigeants politiques. Un programme de coupures budgétaires et de privatisation d'organismes gouvernementaux exigés par les bailleurs de fonds de l'Union Européenne (surtout allemands) qui viennent secourir une Grèce surendettée, prise en défaut de paiement, prise dans le marasme de la mauvaise gestion des déficits engendrés par sa négligence à dépenser sans compter, à vivre au-dessus de ses moyens en règlant tous ses achats avec sa gigantesque "carte de crédit", sans avoir de quoi rembourser ces dettes accumulées.
Dire que lorsque j'étais étudiant, mes profs d'économie balayaient du revers de la main mes questions au sujet des dettes et du crédit, autant des individus que des états. Ce qui importait, me répondaient-ils, c'était la richesse collective de chaque pays. Richesse sur laquelle les prêteurs d'argent se basaient pour fixer une cote de crédit et ouvrir leur coffre-fort. Jusqu'à ce qu'ils se trompent dans leurs calculs en consentant des hypothèques trop généreuses à des clients qui n'en demandaient pas tant. Comme ce fut le cas pour la bulle technologique du début des années 2000, la bulle immobilière de la fin de cette décennie a éclaté au visage de ces financiers imprudents poussés par une avidité sans bornes, qui croyaient que le prix des maisons ou des immeubles de toutes sortes pouvaient continuer à augmenter de façon illimitée. Escomptant des augmentations minimales de 10% par année de la valeur de ces immeubles, ces institutions financières prêteuses allaient jusqu'à consentir des hypothèques, non seulement en ne demandant aucun comptant au client, mais en lui prêtant 10% de plus que le prix de sa propriété. On avait même assisté à l'avènement des hypothèques bi-générationnelles ! Du délire ! Sur les marchés boursiers, plus grande est la surchauffe, plus grands sont les excès et les mensonges, plus sévère sont la chute, la désillusion et la crise qui les accompagnent...
Mais, normalement, plus ces crises sont graves, plus elles provoquent des paniques qui font croire aux investisseurs qu'elles sont plus graves qu'il n'y paraît. Ce qui explique que la chute des cours boursiers est souvent exagérée. Lorsque l'on est dans l'incertitude et le noir, on ne sait jamais jusqu'où on peut tomber lorsque le sol se dérobe sous nos pieds. Lorsque la lumière apparaît au bout du tunnel, on s'aperçoit que le trou dans lequel on est tombé était moins profond qu'on l'avait cru. On peut réagir de deux ou trois façons en sortant du trou. Les uns jurent que les marchés boursiers c'est fini pour eux, que l'on ne les y reprendra plus. Les autres sont prudents et attendent pour voir si vraiment la tempête est passée. Enfin, plusieurs malins font comme leur gourou Warren Buffett : ils achètent des actions de bonne valeur mais sur-vendues, quand tous ces investisseurs mal avisés paniquent et se débarrassent de leurs titres. Buffett a bâti son immense fortune en sachant également quand vendre certaines des composantes de ses porte-feuilles, lors des périodes de complaisance des boursicoteurs. Périodes qui sont aussi associées presque chaque fois à une sérieuse sur-évaluation des valeurs boursières. Il semble bien que pas mal de futés ont bien appris leurs leçons du grand maître puisqu'il y a maintenant plus de millionnaires qu'il y en avait avant la récession...





